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Face à l’inaction momentanée des banques centrales, les marchés semblent déroutés

A la différence de 2015, marqué par l’effondrement des places boursières chinoises, la période estivale aura été bien calme en bourse, cette année. Le mois d’août souvent redouté par les investisseurs s’est soldé par une parfaite stabilité, après que les marchés d’actions ont regagné près de 5 %, en juillet.

A la différence de 2015, marqué par l’effondrement des places boursières chinoises, la période estivale aura été bien calme en bourse, cette année. Le mois d’août souvent redouté par les investisseurs s’est soldé par une parfaite stabilité, après que les marchés d’actions ont regagné près de 5 %, en juillet. Pas de records historiques pour les indices européens, à la différence de leurs homologues de Wall Street, même s’ils ont effacé les pertes déclenchées par le vote britannique en faveur du Brexit.

Fin août, le traditionnel symposium économique de Jackson Hole, aura permis à Janet Yellen de laisser entendre que la normalisation monétaire allait se poursuivre, avec une nouvelle remontée des taux, plutôt vers la fin de l’année selon nous.

L’immobilisme de la BCE a empêché les indices de la zone euro d’atteindre de nouveaux plus hauts, les investisseurs espéraient en effet que cette dernière annoncerait le prolongement de son programme d’assouplissement quantitatif.

Ce statu quo est cependant le signe que la politique de la BCE fonctionne et que la visibilité tend à s’améliorer. « La probabilité d’une déflation n’a pas augmenté », a affirmé Mario Draghi, qui a néanmoins laissé la porte ouverte à de nouvelles actions « si nécessaire ». Outre la politique monétaire, l’orientation des marchés financiers a, une nouvelle fois, été guidée par l’évolution des cours du pétrole.

L’annonce d’un accord de coopération entre l’Arabie Saoudite et la Russie a amplifié le rebond du Brent. Le prix du baril a grimpé de 5,5 %, durant l’été et s’est rapproché du seuil des 50 $. La raison en a principalement été le recul aussi brutal qu’inattendu des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis qui se sont réduits de 14,5 millions de barils, soit la baisse la plus importante depuis 1999  !

Cet attentisme des marchés traduit aussi un manque de visibilité, d’autant que des échéances politiques majeures se profilent, dont notamment l’élection présidentielle américaine. L’écart dans les sondages entre les deux candidats est trop serré pour en estimer le résultat.

De plus, la valorisation du marché américain, mesurée par le ratio cours sur bénéfices anticipés du S&P 500 est actuellement à 17, ce qui est assez sensiblement supérieur à sa moyenne de long terme qui est plutôt de l’ordre de 15 et expose le marché à un choc plutôt négatif.

Coté flux, la tendance se poursuit négativement pour les actions européennes qui enregistrent désormais 30 semaines consécutives de décollecte, une des plus longue séries historiques tandis que le marché des obligations continue d’attirer les flux. L’aversion au risque des marchés reste cependant toujours basse retrouvant les niveaux enregistrés en septembre 2014.

Dans ce contexte, nous maintenons notre exposition prudente et diversifiée sur les actions et notre préférence pour le marché du crédit européen qui présente des opportunités, notamment suite aux écartements de spread récents et grâce à l’intervention directe de la BCE sur le marché de la dette d’entreprises qui a acheté environ plus de 25 milliards d’euro d’obligations d’entreprises (non-financières) depuis le 10 juin.

Michael Aflalo , 4 octobre

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