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Etude sur l’active share : Un fonds d’actions européennes sur cinq est géré très proche de son indice

Morningstar publie une étude sur l’active share qui révèle qu’un fonds d’actions européennes sur cinq est géré très proche de son indice, mais la proportion de ce type de fonds diminue

Morningstar, Inc., un fournisseur leader dans la recherche indépendante sur les placements, vient de publier aujourd’hui un rapport de recherche sur l’ « active share », ou part de gestion active, dans les fonds d’actions européennes de grandes capitalisations.

L’analyse révèle que 20 % des fonds étudiés peuvent être qualifiés de « closet indexers », c’est-à-dire des fonds qui se revendiquent être gérés activement mais qui reproduisent largement l’indice tout en facturant des frais de gestion active. Toutefois, la proportion des fonds « closet indexers » dans les catégories analysées a diminué au cours des dernières années.

L’active share permet de quantifier les paris d’un fonds par rapport à un indice en comparant la composition du portefeuille et de l’indice de référence. Dans cette étude, un portefeuille avec une part de gestion active de 100% n’a aucune position en commun avec l’indice de référence de sa catégorie Morningstar, alors qu’un portefeuille avec une part active de 0 % sera identique à cet indice. Plus le score est élevé, plus le fonds est géré activement.

Rédigé par Mathieu Caquineau, Matias Möttölä et Jeffrey Schumacher, trois analystes seniors de l’équipe européenne de recherche sur la gestion d’actifs, ce rapport examine comment la part de gestion active a évolué ces dix dernières années, de 2005 à 2015, pour les catégories Morningstar Actions Europe Grandes Capitalisations Value, Actions Europe Grandes Capitalisations Mixte et Actions Europe Grandes Capitalisations Croissance, constituées de fonds de grandes capitalisations européennes et regroupant 456 fonds.

Il s’agit d’un rapport détaillé qui examine la part de gestion active en Europe sous de nombreux angles, notamment son évolution historique, les relations entre la part de gestion active et la performance d’une part et le risque d’autre part et enfin le rôle que peut jouer cet outil dans la sélection de fonds. L’étude utilise les inventaires de portefeuille des fonds européens collectés par Morningstar depuis le début des années 2000.

« Bien que nous ayons identifié qu’un fonds d’actions européennes sur cinq pouvait être qualifié de « closet indexer », nos recherches montrent que la proportion de ces fonds s’est réduite  », a déclaré Mathieu Caquineau. « L’active share moyen des fonds a considérablement baissé pendant la crise financière de 2008 et 2009, mais a augmenté à un rythme régulier depuis. En Europe, nous observons une surveillance accrue des régulateurs dans de nombreux pays, ce qui pourrait conduire à un changement structurel et notamment à diminuer la proportion de fonds gérés proches de leur indice sur le marché. »

Mathieu Caquineau a ajouté : «  les investisseurs qui utilisent l’active share comme outil de sélection de fonds doivent être prudents. Plus la part de gestion active augmente, plus la dispersion de performance et le risque augmentent fortement. On retrouve les meilleurs fonds comme les moins performants parmi les fonds les plus actifs. C’est bien l’expertise des gérants dans la prise de paris actifs par rapport à l’indice qui génère la surperformance. Parmi les fonds les moins actifs, nous avons constaté que presque tous les fonds gérés très proches de l’indice sous-performent. Si les frais sont élevés, un tel fonds est rarement un bon choix. Les investisseurs doivent comparer attentivement les coûts car pour un même niveau d’active share, les fonds peuvent avoir des frais très différents. Nous pensons qu’il est préférable de combiner l’utilisation de l’active share à d’autres outils quantitatifs et qualitatifs.  »

Parmi les autres conclusions de ce rapport de recherche, on peut noter que :

  • La part de gestion active moyenne des fonds de grandes capitalisations européennes est de 70 % sur trois ans à fin mars 2015, calculée par rapport aux indices de style appropriés.
  • Bien que les fonds dans le quartile d’active share le plus élevé affichent des frais moyens supérieurs de 33 points de base à ceux du quartile le moins actif, les investisseurs européens surpayent les fonds peu actifs lorsque les frais sont calculés par unité d’active share.
  • Les fonds avec la part de gestion active la plus élevée ont des biais de style plus forts que la moyenne de l’échantillon. Par exemple, l’exposition des portefeuilles aux petites et moyennes capitalisations passe d’une moyenne de 8% pour les fonds les moins actifs à 30% pour les plus actifs. Cela complique l’utilisation de l’active share dans la sélection des fonds, car ces biais de style peuvent ne pas être souhaitables du point de vue de l’investisseur.
  • Historiquement, les fonds appartenant au quartile le plus actif ont dégagé de meilleures performances, en moyenne, que ceux du quartile le moins actif. Sur quatre des cinq périodes de cinq ans étudiées, les fonds les plus actifs ont en moyenne surperformé les fonds des autres quartiles. Cependant, la dispersion de performance est la plus élevée pour les fonds les plus actifs : ce serait donc une erreur de se baser uniquement sur l’active share pour sélectionner des fonds. L’écart de performance entre les fonds les moins actifs et les plus actifs a diminué, revenant à 40 points de base pour la période de juin 2010 - juin 2015.
  • Les fonds gérés proches de leur indice, mesurés comme ceux ayant une active share moyenne inférieure à 60 % sur trois ans, représentent 20 % des 456 fonds passés en revue par Morningstar. Le pic de ces fonds « closet indexers  » coïncide clairement avec la crise financière mondiale : la proportion de tels fonds approchait 40% en 2008. Mais la majorité de la collecte récente sur les fonds d’actions européennes s’est tournée vers les fonds les plus actifs.

Next Finance , 8 mars

Voir en ligne : Etude sur l’active share

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