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Début mai, les marchés votent clairement Janet Yellen

Le mois d’avril a été le théâtre d’un rebond des marchés actions mondiaux. Celui-ci cache en réalité de fortes disparités sectorielles et géographiques. Selon Pierre Bismuth, directeur général de Myria AM, si l’on décompose le Stoxx 600 [1] selon ses principaux secteurs, l’on peut constater combien la dispersion a été grande en avril...

Au mois de mai, réputé être le plus dangereux de l’année, les marchés actions sont ainsi à la croisée des chemins.

1. Analyse conjoncturelle

Les marchés européens ont été tirés par le rebond des secteurs les plus à la peine depuis un an : celui des banques (+6.45% sur un mois et -29.76% sur 1 an) et celui des compagnies pétrolières et gazières (+8.72% sur un mois et -16.52% sur un an).

Deux facteurs ont soutenu ces secteurs :

  • La stabilisation du baril du pétrole
    Depuis son point bas atteint le 11 février, le baril a repris environ 75% et l’échec de la réunion de Doha en avril n’a pas remis en cause cette tendance. En conséquence, alors que l’année avait débuté avec de fortes présomptions de récession mondiale, le marché du pétrole semble désormais écarter ce scénario pour s’équilibrer sur des données fondamentales comme l’offre et la demande mondiales.
  • La constitution d’un fonds de résolution des prêts non performants en Italie
    Même si sa dotation n’est pas vraiment importante (5,7 Mds€), le fait que le secteur bancaire et le gouvernement italiens prennent à bras le corps le sujet a permis aux banques de signer la meilleure performance sectorielle sur le mois. Cette action peut signifier la fin de la très large sous-performance du secteur.

Par ailleurs, la fin du mois d’avril a été marquée par les réunions de politique monétaire des trois grandes banques centrales [2].

Une nouvelle fois, c’est la Fed qui a tiré son épingle du jeu. Son ton accommodant a eu pour effet de faire baisser le dollar et d’accompagner l’économie américaine. Elle seule a en effet véritablement réussi à ancrer les anticipations des marchés et à rendre crédible un soutien sans faille à l’économie.

A contrario, la BCE reste empêtrée dans une communication peu lisible et l’annonce d’une pause sur la baisse des taux a poussé l’euro à la hausse.

Dans le même temps, la déception grandit du côté de Tokyo. Alors que les opérateurs attendaient un nouveau geste d’assouplissement de la part de la BOJ, celle-ci a annoncé un statu quo qui a précipité les marchés dans le rouge. En outre, alors que le pays flirte toujours avec la déflation, l’inaction de la BOJ a propulsé le Yen à un plus haut niveau depuis 18 mois face au dollar.

2. Conclusions de Myria AM

Les marchés financiers ont joué une reprise de l’économie mondiale, au travers des secteurs pétroliers et des produits de base, qui se sont fortement renchéris depuis la fin du mois de janvier. En ce sens, le scénario d’atterrissage forcé des économies qui prévalait à partir du mois d’août 2015 est pour le moment mis de côté.

  • La reprise commence à se matérialiser dans les chiffres macro-économiques chinois et européens avec des rythmes de croissance proche des croissances potentielles et une vigueur persistante de la consommation.
  • Du côté américain, les données sont toujours constructives et plaident pour une situation de croissance autoentretenue.
  • Enfin, le rebond des marchés émergents indique que le point bas est probablement passé.

3. Risques identifiés par Myria AM

Un certain nombre de risques importants peuvent être facteurs de volatilité : l’inaction de la BOJ et du gouvernement japonais, le Grexit, le Brexit ou encore la résurgence du terrorisme.

4. Recommandations de Myria AM

Dans un contexte où les volatilités restent basses et où les marchés évoluent dans des bornes de fluctuation étroites, Myria AM adopte un biais haussier dans ses portefeuilles. Ceux-ci sont en moyenne exposés à un niveau d’actions supérieur à leur indicateur de référence.

Dans le détail, le portefeuille modèle fait état des caractéristiques suivantes :

  • Une prépondérance des fonds d’actions européennes ;
  • Un retour sur la thématique Value (rendement) dont les valorisations sont attractives ;
  • Une sous-pondération sur les actions américaines libellées en dollar ;
  • Une sous-exposition au dollar américain ;
  • Une duration plus importante via des fonds diversifiés ou des produits dérivés ;
  • Un poids légèrement en baisse des fonds à performance absolue pour profiter de la dispersion des secteurs et des titres au sein des principaux indices actions européens.

Pierre Bismuth , 12 mai

Notes

[1] L’indice des principales capitalisations européennes

[2] BCE, Fed et Banque du Japon (BOJ)

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