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D’étranges phénomènes se produisent sur les marchés obligataires

C’est le monde à l’envers : la volatilité des obligations souveraines de certains pays émergents est devenue inférieure à celle des Bunds allemands et des bons du Trésor américains.

Pour de nombreux investisseurs, la volatilité est un paramètre important à prendre en compte lorsque l’on compare les risques aux rendements attendus. En règle générale, un rendement plus élevé est lié à des risques plus importants ainsi qu’à une volatilité plus forte. Pour un même émetteur, les obligations de maturité longue ont donc tendance à être plus volatiles que les obligations à maturité courte.

Cette règle est actuellement valable au sein des actifs dits « refuges », comme les bons du Trésor américains ou les Bunds allemands, dont la volatilité augmente avec la durée des maturités. Toutefois, si l’on compare leur volatilité à celle des obligations souveraines émises par certains pays émergents, une tendance inattendue se dégage. En effet, les bons du Trésor américains ont dernièrement été plus volatils que les obligations comparables émises en dollars américains par certains pays émergents, comme le montre notre graphique de la semaine. Il en va de même entre les Bunds allemands et les obligations souveraines polonaises libellées en euros, et cela malgré les taux globalement plus élevés des obligations émergentes. Cela est surprenant car les investisseurs considèrent généralement les obligations des marchés émergents comme plus risquées, ce qui devrait se traduire par une volatilité plus élevée que celle des « actifs refuges ». Toutefois, depuis un certain temps, les investisseurs recherchent des actifs aux rendements plus élevés pour compenser les éventuelles pertes en cas de hausse des taux dans les pays-cœurs.

La forte demande pour les obligations des marchés émergents se traduit donc par une volatilité relativement faible.

Il est peu probable que cette situation change véritablement tant que la conjoncture économique reste favorable aux actifs risqués.

Stefan Kreuzkamp , 5 février

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