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Caroline Le Meaux Lambert : « Nous recherchons des stratégies permettant de capter la hausse du marché actions tout en limitant la volatilité »

Caroline Le Meaux Lambert, responsable de la gestion déléguée de la direction des retraites et de la solidarité à la Caisse des Dépôts, en charge de la gestion financière de l’Ircantec, nous en dit plus sur leur gestion en Smart Beta.

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Next-Finance : Quels sont les principaux challenges à relever actuellement dans la gestion des réserves d’une caisse de retraite telle que l’Ircantec, dans l’environnement actuel de taux bas et de marchés dominés par le poids des politiques monétaires ?

Caroline Le Meaux Lambert : L’environnement de taux bas est un véritable challenge à relever car cela pose des questions liées au rendement et au risque des portefeuilles diversifiés. En effet, dans le contexte actuel, les obligations souveraines deviennent peu rémunératrices mais aussi plus risquées (la probabilité d’une remontée des taux augmentant). De plus, elles ne sont plus en mesure d’afficher le même caractère défensif que par le passé en cas de correction sur les marchés actions.

La plupart des institutionnels mondiaux affichent des performances en deçà de leurs objectifs à moyen et long terme. Selon vous, faut-il revoir les modèles classiques d’allocations ? Quel est votre regard sur les nouvelles approches dites factorielles ou de type smart Beta ?

Il est clair que les modèles d’allocation doivent prendre en compte cet environnement de taux bas. Les approches de Smart Beta sont intéressantes dans ce contexte. Toutefois, si elles sont matures sur les marchés actions, elles sont en revanche loin de l’être sur les marchés obligataires.

Avez-vous des encours investis dans le Smart Beta ou via une approche de type factor investing ? En quelle proportion ? Prennent-ils la place des fonds gérés activement dans votre portefeuille ?

Oui, nous avons des encours investis sur ce type de stratégie mais uniquement dans notre poche actions, à hauteur de 10 % environ. Nous considérons qu’il s’agit d’une stratégie complémentaire à notre allocation actions gérée via une approche fondamentale.

Nous considérons le Smart Beta comme une stratégie complémentaire à notre allocation actions gérée via une approche fondamentale.
Caroline Le Meaux Lambert

Quelles stratégies suscitent le plus votre intérêt (Low volatility, Maximisation du ratio de Sharpe, Approche par facteur de risques de type Small, Value, Growth, Quality voire combinaisons de facteurs ?

Nous recherchons des stratégies permettant de capter la hausse du marché actions tout en limitant la volatilité. Pour ce faire, nous utilisons les trois types de méthodes suivantes : Low volatility, Maximisation du ratio de Sharpe et Factor investing.

Quelles sont les évolutions à apporter à ce style de gestion (transparence, pédagogie, compréhension de l’évolution du modèle avec l’évolution de l’environnement de marché, coûts cachés, etc…) ?

Nous considérons ces gestions comme des gestions actives qui doivent donc faire l’objet d’une due diligence complète en amont de l’investissement, comme nous le faisons pour les autres gestions. Ces gestions ont également des biais, comme les autres gestions actives plus fondamentales, il est donc important de les identifier et de comprendre leur cycle de performance. Au-delà de tous ces aspects, nous portons une attention toute particulière à la gestion ISR puisque tout notre portefeuille (y compris les stratégies Smart Beta) intègre aujourd’hui les critères ESG dans notre politique d’investissement.

Nous portons une attention toute particulière à la gestion ISR puisque tout notre portefeuille (y compris les stratégies Smart Beta) intègre aujourd’hui les critères ESG dans notre politique d’investissement.
Caroline Le Meaux Lambert

Quels sont les principaux éléments que vous prenez en compte pour sélectionner des gérants Smart Beta ?

Les principaux éléments pris en compte sont les suivants :

  • Une moindre volatilité par rapport aux indices de référence,
  • La capacité à inclure la dimension ISR sans dégrader la qualité de gestion,
  • Le ratio de Sharpe,
  • Les coûts.

RF , 19 mai

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