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Brexit or not Brexit, is that really the question ?

Après un démarrage maussade, le mois de mai a connu une remontée spectaculaire des indices et les marchés européens ont conclu sur une note positive. Néanmoins, alors que l’ombre du Brexit pèse actuellement sur l’économie européenne, tous les regards sont tournés vers le référendum du 23 juin.

1. Analyse conjoncturelle

Le secteur le plus pénalisé au mois de mai a été celui de la chimie, mis à mal par l’offre publique d’achat non sollicitée de Bayer sur Monsanto. L’opération a en effet été mal perçue puisque Bayer offre une prime très importante aux actionnaires de Monsanto. Si le Conseil d’administration du Groupe américain a refusé cette offre, il s’est cependant déclaré ouvert à d’autres propositions.

A contrario, les banques ont continué à progresser au cours du mois mais affichent toujours un très large retard sur un an. Cela s’explique notamment par l’ampleur incertaine des créances douteuses dans certains pays de la zone Euro.

Sur le front macroéconomique :

  • C’est une nouvelle fois la Fed qui a animé les marchés. En effet, à la lecture des minutes de la réunion d’avril dernier, il semble que les opérateurs ont pris conscience de la décision de la Banque centrale de relever une nouvelle fois son taux directeur. À la fin du mois de mai, les marchés avaient anticipé une hausse au mois de juillet. Mais, suite à la publication, début juin, de chiffres de l’emploi décevants et peu lisibles, et à un discours de Janet Yellen assez flou, les probabilités de hausse ont été repoussées au mois de septembre. De facto, le dollar est revenu proche de ses plus bas niveaux de l’année face à l’euro. En tout état de cause, la prochaine remontée du taux directeur de la Fed sera synonyme de confiance dans l’économie américaine.
  • La Chine n’est plus véritablement un facteur d’inquiétude. En effet, alors que la Fed affiche sa volonté de normaliser les taux d’intérêts aux USA, le Yuan subit une pression baissière ce qui convient parfaitement à la Chine. L’on se souvient en effet de la secousse qui avait fait trembler les marchés en août 2015 lorsque la Chine avait dévalué sa devise trois jours de suite. Corroborant la remontée du prix du pétrole, l’activité économique en Chine, mesurée par l’indicateur Li Qe Kiang [1], s’est redressée depuis le point bas du mois de septembre 2015. Pour rappel, cet indicateur est formé par la moyenne pondérée des taux de croissance des prêts bancaires (40%), de la production électrique (40%) et du volume de fret ferroviaire.
  • Dans la zone Euro, la conférence de presse de la BCE n’a pas apporté d’annonces majeures autres que les dates de lancement du programme d’achat de dettes privées, le 8 juin et les dates du prochain programme de refinancement des banques (TLTRO) le 22 juin. Dans le même temps, la banque centrale européenne a réitéré sa volonté de tout mettre en œuvre pour faire converger l’inflation vers les 2% cibles d’ici à 2019. Cependant, le manque de réformes structurelles, le taux de chômage toujours élevé et la démographie légèrement en berne constituent des forces déflationnistes contre lesquelles il semble difficile de lutter avec la seule arme monétaire.

2. Risques identifiés par Myria AM

Pour Myria AM, le Brexit est, au mois de juin 2016, le risque le plus important pour les marchés financiers. En l’état actuel des choses, la question du Brexit est en réalité un acte de soutien ou de rejet de la politique de David Cameron. Si l’on observe de façon rétrospective le résultat des précédentes consultations sur le sujet [2] , force est de constater que c’est systématiquement le « non » qui l’emporte.

Les derniers sondages publiés font état d’une légère avance du camp du « Leave ». Pour Myria AM, il est ainsi très possible de voir le Brexit voté au soir du 23 juin 2016. Or, les conséquences d’un tel scénario sont difficilement prévisibles, même si jusqu’à présent, on constate une très grande sérénité des marchés. Seul le marché des changes, qui a enregistré une baisse de 10% de la livre sterling depuis décembre dernier, a semblé réagir alors que l’indice actions Footsie 100 affiche une performance positive depuis le début de l’année en devise locale.

3. Recommandations de Myria AM

Dans ce contexte d’incertitudes relativement élevées, Myria AM préconise de couvrir préventivement les portefeuilles de manière à ramener l’exposition actions au niveau des indices de référence, via des futures sur indices. Dans le détail, le portefeuille modèle fait état des caractéristiques suivantes :

  • Une prépondérance des fonds d’actions européennes ;
  • Un retour sur la thématique Value (rendement) dont les valorisations sont attractives ;
  • Une sous-pondération sur les actions américaines libellées en dollar ;
  • Une sous-exposition au dollar américain ;
  • Une duration plus importante du portefeuille obligataire via des fonds diversifiés ou des produits dérivés ;
  • Un poids stable des fonds à performance absolue pour profiter de la dispersion des secteurs et des titres au sein des principaux indices actions européens.

Pierre Bismuth , 14 juin

Notes

[1] du nom de l’actuel Premier Ministre

[2] France en 2005, Grèce en 2015, Hollande en 2016 au sujet de l’association UE / Ukraine

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