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Banques et élections, le cocktail de ce mois d’octobre

Selon Pierre Bismuth, directeur général de Myria AM, comme c’était déjà le cas au sortir de l’été, les marchés affichent toujours des niveaux de volatilité extrêmement bas, tandis que de nombreux marchés affichent des niveaux tout proche de leur record historique (actions américaines, obligations d’Etats en zone euro, …)

Les marchés actions européens et américains ont fait du surplace au mois de septembre, mais comme souvent, la dispersion entre les indices et entre les secteurs en Europe a été très forte. Le secteur bancaire a été particulièrement impacté par les récents événements. L’annonce de l’amende infligée à la Deutsche Bank courant septembre a fait l’effet d’une bombe à la fois pour le titre et pour l’ensemble du secteur qui doit, d’un point de vue réglementaire, continuer à renforcer ses fonds propres.

Le secteur bancaire européen, qui a déjà perdu les 2/3 de sa valeur depuis mi 2007, a à nouveau perdu 1/3 de sa valeur depuis le pic de valorisation de l’an dernier. Si, l’on a largement parlé des créances douteuses italiennes en 2016, le dossier Deutsche Bank, nouvellement mis sur le devant de la scène, se présente comme un véritable serpent de mer qui stresse périodiquement les marchés financiers. Dès le mois de juillet 2007, la banque a été désignée comme un intervenant important sur le marché des titrisations américaines. En outre, depuis la faillite de Lehman Brothers, Deutsche Bank a fréquemment fait l’objet de rumeurs sur son niveau de levier financier évalué par le marché jusqu’à 50 fois ses fonds propres. Depuis l’amende record de 8,9 Mds $ infligée à BNP Paribas en 2014, le marché s’attendait à ce que la Deutsche Bank soit elle aussi dans la ligne de mire outre-Atlantique.

L’annonce, courant septembre, de l’amende de plus de 14 Mds $ a impacté le titre autant que le secteur bancaire lui-même qui doit se conformer à la réglementation. En bourse, Deutsche Bank ne pèse plus que 16 Mds € et c’est plus de la moitié de sa capitalisation boursière qui est en jeu dans cette affaire puisque la banque a provisionné 6,2 Mds $ pour couvrir le litige. Nul doute que cette sanction laissera des traces.

Les banques centrales ont échoué à susciter l’engouement des opérateurs

  • La BCE et Mario Draghi n’ont rien eu à proposer de plus que ce qui est déjà sur la table des négociations. Ainsi, les marchés ont pris acte du fait que le taux de facilité des dépôts n’irait probablement pas plus bas que -0.40%.
  • La réunion de la banque centrale du Japon avait lieu en même temps que celle de la Fed. Dans ce contexte, M. Kuroda a annoncé un objectif de taux à 10 ans proche de 0 sans évoquer désormais de limite de montant. Si le discours a été bien accueilli dans un premier temps, l’impact a été de courte durée.
  • Du côté des États-Unis, la Fed s’en est tenue à son discours habituel et le marché semble s’être quelque peu lassé de ce rythme extrêmement lent de remontée des taux d’intérêt. Si l’on résume la situation, la Fed ne parvient pas à relever son taux directeur, du fait de l’environnement international notamment et, dans le même temps, les prévisions de taux à long terme ont été abaissées.

Sous réserve que le résultat de l’élection présidentielle soit conforme à ce qu’anticipent les sondages d’opinion (soit une victoire d’Hillary Clinton), Janet Yellen, souhaite préparer le marché en douceur à une hausse des taux en décembre, sans provoquer de remous à Wall Street. De surcroît, il est raisonnable de penser que la Fed souhaite éviter une nouvelle envolée du dollar et une déstabilisation des devises émergentes.

Le Brexit comme point d’attention

Cet événement inédit est en train de devenir une réalité. En effet, les discours récents du Premier ministre Theresa May laissent penser que les Britanniques vont opter pour une sortie « dure  » de l’UE. Le nouveau gouvernement appliquerait donc à la lettre le mandat implicite que lui a donné le peuple britannique, à savoir contenir, voire supprimer purement et simplement la libre circulation des personnes. Les négociations pourraient ainsi de nouveau mettre à mal les relations déjà complexes entre les États de l’Union.

Conclusions de Myria AM

Ainsi, le comportement des devises du G4 résume parfaitement ce qui se joue aussi bien au niveau des banquiers centraux qu’au niveau politique.

En conclusion, Myria AM ne change pas son analyse de la situation. Comme c’était déjà le cas au sortir de l’été, les marchés affichent toujours des niveaux de volatilité extrêmement bas, tandis que de nombreux marchés affichent des niveaux tout proche de leur record historique (actions américaines, obligations d’Etats en zone euro, …). Myria AM maintient donc un positionnement prudent dans ses portefeuilles en conservant la plupart de ses couvertures.

Dans le détail, le portefeuille modèle fait état des caractéristiques suivantes :

  • Un socle important de fonds d’actions européennes, stable par rapport au début de l’été ;
  • Une diversification sur des fonds d’actions internationales en devises ;
  • Un portefeuille obligataire ayant une duration supérieure à 2 années, via le 30 ans américain ;
  • Un maintien du poids des fonds obligataires de crédit ;
  • tout comme des fonds à performance absolue pour profiter de la dispersion des secteurs et des titres au sein des principaux indices actions européens ;
  • Une couverture stratégique jusqu’en décembre 2016 via des options de vente sur le S&P 500 ;
  • En tactique, une couverture variable sur des futures sur indices actions.

Pierre Bismuth , 14 octobre

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