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Après le Brexit... le chaos.

L’ensemble des classes d’actifs ont, au mois de juin, connu une baisse dramatique pendant les deux jours qui suivirent le vote des britanniques. L’analyse de Pierre Bismuth, directeur général de Myria AM.

Les marchés sont entrés depuis dans une période d’incertitude qui pourrait, si rien n’était fait au niveau de l’Union Européenne, perdurer au moins jusqu’au 9 septembre, date de prise de fonction du nouveau Premier ministre britannique.

1. Analyse conjoncturelle

Depuis le 24 juin 2016, la devise britannique a perdu plus de 10% par rapport au dollar américain. Dans le même temps, les marchés actions de la zone euro ont plongé de 5 à 10% et la bourse japonaise est revenue flirter avec ses points bas annuels (alors même que paradoxalement, l’indice londonien voyait sa valeur progresser en livre sterling, l’essentiel de la correction ayant été réalisée sur cette devise).

Dans ce contexte incertain, les Banquiers centraux doivent coordonner leurs efforts pour motiver les opérateurs financiers. Il est ainsi raisonnable de penser que les futures hausses des taux de la Fed seront, au mieux, repoussées jusqu’en 2017.

Les banques : secteur le plus pénalisé par le Brexit

Pourquoi ?

  • Le Brexit engendre une poursuite, voire une amplification, des politiques monétaires accommodantes… que l’on pourrait qualifier de cadre mortifère pour les banques si les taux d’intérêts négatifs étaient généralisés ;
  • Cette sortie de l’U.E fait craindre une hausse des coûts de financement des banques en Europe (à l’instar de la crise des dettes souveraines de 2011) ;
  • Enfin, cela crée une incertitude sur la croissance au Royaume-Uni et en Europe, les entreprises étant moins enclines à investir sur un marché européen dont l’accès semble compromis.

Le Brexit a aussi eu des impacts très importants sur les marchés obligataires. Depuis le 24 juin, les taux des emprunts d’États à 10 ans allemand et japonais ont franchi à la baisse la barre symbolique de 0% de rendement. Au même moment, le taux français de maturité comparable descendait sous la barre des 0,20%.

Dans le même temps, les inflations anticipées sont revenues proches de leurs plus bas niveaux, y compris au Royaume-Uni. Ce faisant, la tâche de la BCE va être relativement complexe pour contrer à la fois :

  • les risques de sous-capitalisation des banques (notamment italiennes, comparés au niveau de leurs créances douteuses) ;
  • l’amplification des taux négatifs (qui mettent en question la croissance future des économies) ;
  • et enfin les risques de désinflation prononcée.

2. Risques identifiés par Myria AM

Nous assistons à un retour sur le devant de la scène de la guerre des devises, compte tenu d’une aversion au risque actuellement très forte.

Car si le Brexit a donné lieu à un ajustement de la livre sterling très brutal, les autres devises ont également fortement varié. Comme souvent, le dollar et surtout le yen ont joué et, jouent toujours, le rôle de valeur refuge.

La monnaie chinoise quant à elle, continue de se déprécier face au dollar, et ce, de manière inaperçue… alors que la Chine a annoncé depuis déjà 11 mois avoir élargi les bornes de fluctuation du yuan contre un panier de devises.

Recommandations de Myria AM

Suite au vote britannique, censé clarifier la donne, la situation politique et économique apparaît cependant toujours aussi confuse. C’est pourquoi, Myria AM s’attend à un été toujours extrêmement volatil.

Dans ce contexte, les positions de couvertures mises en place courant juin sont maintenues (même si toutes ne se sont pas révélées aussi pertinentes que prévu).

Dans le détail, le portefeuille « modèle » fait état des caractéristiques suivantes :

  • Des fonds d’actions européennes au poids largement réduit ;
  • Une amplification des actions internationales en devises ;
  • Une duration plus importante, remontée à plus de 2 ans via le 30 ans américain ;
  • Un renforcement des fonds obligataires de crédit ;
  • Une pondération stable des fonds à performance absolue pour profiter de la dispersion des secteurs et des titres au sein des principaux indices actions européens ;
  • Une couverture stratégique jusqu’en décembre 2016 via des options de vente sur le S&P 500 ;
  • D’un point de vue tactique, une couverture plus au moins importante des futures sur indices actions.

Pierre Bismuth , 20 juillet

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