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AllianzGI reste positif sur le crédit européen, mais souligne un risque de volatilité exacerbée et la fragilité du secteur bancaire

Selon Allianz Global Investors (AllianzGI), le crédit européen offre encore des perspectives intéressantes, dans un environnement marqué par une forte hausse de la volatilité, par une augmentation du risque spécifique sur certains émetteurs et par une poursuite de la détérioration de la liquidité sur le marché secondaire.

Selon Allianz Global Investors (AllianzGI), le crédit européen offre encore des perspectives intéressantes, dans un environnement marqué par une forte hausse de la volatilité, par une augmentation du risque spécifique sur certains émetteurs et par une poursuite de la détérioration de la liquidité sur le marché secondaire.

Des fondamentaux stables

Même si la croissance au Royaume-Uni sera sans doute revue à la baisse à la suite du référendum sur le Brexit, les équipes d’AllianzGI ne prévoient pas de récession généralisée en Europe. Le maintien des taux bas va entraîner une poursuite de la dynamique sur le marché du crédit européen, qui bénéficie de fondamentaux stables. « Si l’on observe une détérioration des fondamentaux opérationnels des émetteurs Investment Grade, et en particulier l’augmentation de leur endettement financier, elle est davantage le fait de secteurs spécifiques que d’un ralentissement macro-économique généralisé », explique Alexandre Caminade, Directeur Europe des Investissements Crédit. « Du côté du High Yield, ces fondamentaux restent stables, voire sont en amélioration », ajoute-t-il. Par ailleurs, les taux de défaut pour les obligations High Yield européennes restent toujours faibles pour les douze prochains mois - 2,52%, selon Moody’s - et bien inférieurs à ceux attendus aux Etats-Unis.

Un secteur bancaire sous surveillance

Alors que le secteur bancaire affiche des performances négatives depuis un an (de manière beaucoup moins forte sur les obligations que sur les actions), il convient de noter que les fondamentaux de crédit des banques continuent de s’améliorer. « Nous observons une diminution des prêts non performants dans les bilans des banques, ainsi qu’une amélioration des ratios de fonds propres », explique Simon Outin, Analyste Crédit. « Ce sont en fait les incertitudes durables sur la profitabilité à moyen terme des banques européennes qui sont à l’origine des performances négatives du secteur », ajoute-t-il. La croissance atone, les enjeux politiques, les contraintes réglementaires et l’environnement de taux très bas pèsent sur les banques en Europe. Le Brexit est venu alimenter ces incertitudes, à la fois pour les banques britanniques, mais également pour celles d’Europe continentale qui sont très exposées au secteur financier anglais. Les marchés craignent un effet de contagion, qui touchera en premier lieu les banques fragiles des pays périphériques.

Des facteurs de soutien à la classe d’actifs

Hormis le secteur financier, le crédit européen bénéficie toutefois de facteurs de soutien importants. Les différents pics de volatilité depuis le début de l’année, et en dernier lieu celui qu’a provoqué le Brexit, ont entrainé une réduction de l’activité sur le marché primaire, à la fois pour le crédit Investment Grade et pour le High Yield. Parallèlement, la demande, soutenue par les programmes d’achat de la BCE, a augmenté. « Si le rendement des obligations corporate euro est faible en valeur absolue, elles offrent un niveau intéressant en termes relatifs », explique Laetitia Talavera-Dausse, Gérante Crédit Senior. « Par ailleurs, le Corporate Sector Purchase Program (CSPP) de la BCE a un impact non négligeable sur les obligations éligibles : les spreads des obligations d’entreprises industrielles se sont fortement resserrés depuis le 10 mars 2016 (date du lancement du programme), en comparaison avec ceux des obligations des émetteurs bancaires qui ne sont pas éligibles à ce programme », ajoute-t-elle. Enfin, les niveaux de valorisation restent relativement attrayants, alors que les investisseurs en quête de rendement se reportent sur le High Yield.

Alexandre Caminade conclut : « Nous restons positifs sur le crédit, même si nous anticipons une augmentation de la volatilité. Nous sommes en revanche prudents sur le secteur bancaire, qui ne bénéficie pas du soutien technique de la BCE. »

Next Finance , 29 juin

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